Les bienfaits du hojicha : ce que l’on peut vraiment en dire
Par umarea · Publié le

Le hojicha est un thé vert japonais torréfié. Ses atouts les plus solides tiennent à sa composition et à son goût : moins de caféine qu’un matcha ou un sencha, très peu d’amertume et des arômes grillés qui se boivent à toute heure. Côté santé, mieux vaut rester prudent : aucune allégation de santé n’est autorisée en Europe pour le thé.
Le hojicha en quelques mots
Le hojicha est né à Kyoto dans les années 1920. On le prépare en torréfiant à haute température des feuilles de thé vert, le plus souvent du bancha, un thé du quotidien fait de feuilles plus mûres, parfois mêlées de tiges. La torréfaction lui donne sa couleur brune et son parfum de noisette grillée. C’est elle aussi qui explique la plupart de ses particularités.
Moins de caféine, mais pas sans caféine
C’est l’atout le plus souvent cité, et il est fondé. Le hojicha contient généralement moins de caféine qu’un sencha, un gyokuro ou un matcha. La raison tient surtout à la matière première : les feuilles mûres et les tiges du bancha sont naturellement moins riches en caféine que les jeunes pousses utilisées pour les thés plus fins. La torréfaction pourrait en faire disparaître une petite partie, mais son rôle reste discuté.
Attention à un raccourci fréquent : « pauvre en théine » ne veut pas dire « sans théine ». La théine et la caféine sont une seule et même molécule, et une tasse de hojicha en contient toujours un peu. Pour se repérer, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère que jusqu’à 400 mg de caféine par jour, répartis dans la journée, ne posent pas de problème de sécurité pour un adulte en bonne santé, et jusqu’à 200 mg par jour pendant la grossesse et l’allaitement.
Une amertume adoucie
L’amertume et l’astringence d’un thé vert viennent en grande partie de ses catéchines, une famille de polyphénols. Sous l’effet de la chaleur, une partie d’entre elles se transforme. Le hojicha y gagne une tasse ronde, presque sucrée, qui pardonne une infusion un peu trop longue. C’est un bon point de départ si vous trouvez le thé vert trop amer.
Des arômes nés de la torréfaction
En chauffant, les sucres et les acides aminés des feuilles réagissent entre eux : c’est la réaction de Maillard, la même qui colore la croûte du pain ou parfume le café torréfié. Elle produit des composés aromatiques, notamment des pyrazines, à l’origine des notes grillées, de noisette, de caramel ou de cacao. Selon l’intensité de la torréfaction, le hojicha va du plus léger, presque floral, au plus profond, proche du chocolat.
Et les antioxydants ?
Vous lirez souvent que le hojicha est « riche en antioxydants ». Il contient bien des polyphénols, comme tous les thés issus du théier. Mais la torréfaction en dégrade une partie : un hojicha en contient en général moins qu’un thé vert non torréfié. Surtout, les effets sur la santé prêtés aux catéchines ou à la L-théanine du thé ont été examinés par l’EFSA, et aucune allégation de santé n’est à ce jour autorisée à leur sujet dans l’Union européenne. Nous préférons donc ne rien vous promettre de ce côté-là.
Hojicha, sencha et matcha : les repères
| Hojicha | Sencha | Matcha | |
|---|---|---|---|
| Feuilles | Thé vert torréfié, souvent du bancha | Jeunes feuilles de thé vert, cuites à la vapeur | Feuilles ombragées, puis moulues |
| Caféine | Plutôt faible | Moyenne | Élevée : on boit la feuille entière |
| Amertume | Très faible | Légère à marquée | Variable selon la qualité |
| Arômes | Grillés, noisette, caramel | Végétaux, herbacés | Végétaux, umami |
| Couleur | Ambrée à brune | Jaune-vert | Vert vif |
Un thé pour tous les moments
Au Japon, le hojicha est un thé de tous les jours. On le sert volontiers en fin de repas, au restaurant comme à la maison, et on le propose souvent aux personnes qui veulent limiter la caféine. Son goût doux accompagne aussi bien un repas salé qu’une pâtisserie. Il se boit chaud, glacé ou en latte, et sa version en poudre s’invite dans les desserts : glaces, crèmes, biscuits.
Les précautions à connaître
- Il contient de la caféine : si vous y êtes sensible, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, comptez-la avec celle du café, du thé et des sodas.
- Comme tous les thés, ses polyphénols peuvent limiter l’absorption du fer d’origine végétale lorsqu’il est bu pendant le repas : mieux vaut le servir à distance si vous surveillez vos apports en fer.
- Un thé n’est pas un traitement : en cas de doute ou de problème de santé, demandez conseil à votre médecin.
Comment le préparer pour l’apprécier
- En infusion : une eau très chaude, entre 85 et 95 °C, et une trentaine de secondes d’infusion. Les feuilles supportent plusieurs infusions successives.
- En latte : délayez le hojicha en poudre dans un fond d’eau chaude jusqu’à obtenir une pâte lisse, puis ajoutez le lait, chaud ou froid.
- Glacé : infusez-le un peu plus concentré, puis versez-le sur des glaçons. Ses arômes grillés se tiennent bien au froid.